Qui est-ce qui guide les aveugles à travers les rues haïtiennes ?

Qui est-ce qui guide les aveugles à travers les rues haïtiennes ?

Tous les piétons et observateurs du pays connaissent au moins certains grands axes de la problématique de la circulation routière en Haïti. Parler des non voyants munis d’un bâton comme « guide fidèle », c’est un véritable spectacle où la vie et la mort se sont affrontées à chaque rue où la circulation est très difficile.

« Etre aveugle ou pas, traverser certaines rues de la capitale est toujours un véritable casse-tête », c’est ce qu’a fait savoir une victime d’une poussée de glaucome ayant requis l’anonymat.

La circulation dans de nombreuses villes du pays, n’est pas abordable à tous, considérant de mauvais comportements irresponsables des chauffeurs qui n’ont pas été, peut-être, formés dans des écoles de conduite. Ils ne respectent presque pas les panneaux de signalisation même dans les heures de pointe et en milieu d’écoliers; ils se comportent comme des fous. Parfois, sous les yeux même des agents de police ils brûlent les feux rouges pour vaquer à leur ultime occupation.

De nos jours, les problèmes de la route s’intensifient à une vitesse de croisière et beaucoup d’accidents regrettables de la rue sont enregistrés. Mis à part la circulation des motocyclettes qui continue de gagner du terrain dans plusieurs endroits du pays, les trottoirs ne sont pas épargnés par les marchands et très souvent elles sont illégalement utilisés comme lieu de parking et de garage. Selon ce non voyant, cette situation ne fait qu’empirer son trajet déjà compliqué.

D’après lui, traverser les rues à forte intensité de voitures, demande beaucoup de maîtrise de soi, ce qui paraît si évident même pour vous qui êtes dispos. Toutefois, il a affirmé que fréquenter les rues, c’est comme mettre une cuillère à la bouche pour les aveugles expérimentés.

Sur quoi vous basez vous pour dire qu’un aveugle est expérimenté ?

« L’expérience, c’est d’admettre qu’on est aveugle et qu’on doit apprendre à vivre avec et s’habituer afin de développer d’autre sens pour bien s’installer dans la vie courante. Une personne ayant perdu ses yeux reste et demeure une personne. Dans un premier temps, elle pourrait être très maladroite en vue d’entreprendre certaines activités journalières, comme prendre la rue et retourner chez soi, s’enfiler ses vêtements, chercher ses effets personnels, trouver l’endroit où se trouve la porte etc. mais au fil des temps, avec la volonté, le courage et le sens d’apprentissage, on s’adaptera aussi vite », a répondu la victime.

« Je suis chômeur de carrière mais en dépit de tout, je suis un aveugle d’expérience », a lâché d’un ton humoristique ce père de famille de 75 ans, qui a récemment quitté le pays en direction des Etats-Unis.

« On a pas besoin des yeux pour savoir quelle heure il est, combien d’argent qu’on possède dans la poche. On a pas besoin des yeux pour connaître le chemin, c’est l’esprit qui dirige nos pas », a renchéri ce courageux.

A noter, dans plusieurs rues de la capitale, très souvent on rencontre les aveugles qui vaquent à leurs occupations. Ils se laissent guider par leur canne qui ne garantit presque pas leur sécurité.  Ils tâtonnent le sol pour s’assurer où mettre le pied, ils avancent tantôt à grands et petits pas, parfois ils se sont jetés dans des égouts. Cependant, on doit rappeler quand ils sont seuls dans les rues, ils sont souvent secourus par des bons samaritains.

Dossier : Jean Junior Sylnay

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La Rédaction

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