BINUH : l’échec reconduit, l’inaction prolongée
La décision du Conseil de sécurité des Nations unies de prolonger, par la résolution 2814 (2026), le mandat du Bureau intégré des Nations unies en Haïti jusqu’au 31 janvier 2027 appelle une lecture lucide et exigeante.
Présentée comme un acte de continuité nécessaire, cette reconduction soulève pourtant une interrogation majeure : la persistance d’un cadre d’intervention qui, jusqu’ici, n’a pas permis d’enrayer la dégradation multidimensionnelle de la crise haïtienne.
Sur le plan sécuritaire, l’inadéquation est manifeste. Le BINUH demeure une mission politique sans capacité coercitive, opérant dans un environnement où la violence armée structure désormais les rapports de force, conditionne l’action publique et compromet toute perspective électorale crédible. Dans ces conditions, l’appui annoncé aux élections de 2026 relève davantage de l’énoncé d’intention que d’une stratégie opérationnelle réaliste.
Politiquement, la reconduction du mandat traduit une approche de gestion plutôt que de résolution de crise. Le BINUH facilite le dialogue, observe, conseille et rapporte, mais sans leviers réels pour contraindre les acteurs réfractaires ni mécanismes clairs de redevabilité.
Cette posture entretient une dissociation préoccupante entre diagnostic partagé et réponses effectives.En persistant dans cette logique, les Nations unies prennent le risque de normaliser l’exception haïtienne, transformant une situation d’urgence en dossier chronique.
À défaut d’un réexamen profond du mandat, adossé à des objectifs mesurables et à une volonté politique affirmée, la reconduction du BINUH pourrait apparaître moins comme un engagement renouvelé que comme l’aveu discret d’une impasse stratégique.
Journaliste
Analyste Politique
Entrepreneur
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