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Insécurité : pendant que les routes restent aux mains des gangs, Fils-Aimé s’attaque aux compagnies aériennes

Insécurité : pendant que les routes restent aux mains des gangs, Fils-Aimé s’attaque aux compagnies aériennes

Lors de son arrivée à la tête du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé avait placé la question de la sécurité publique au cœur de ses engagements.

Le Premier ministre avait promis de rétablir l’autorité de l’État, de reprendre le contrôle des zones abandonnées aux groupes armés et de permettre aux citoyens de circuler librement sur l’ensemble du territoire national.Plusieurs mois après ces promesses, la réalité demeure préoccupante. Des axes routiers stratégiques restent paralysés par la présence de gangs armés, des quartiers entiers vivent encore sous la menace des groupes criminels et de nombreux citoyens continuent de faire face à l’insécurité quotidienne.

Les déplacements entre plusieurs régions du pays restent un véritable parcours d’obstacles, avec des routes devenues des zones de non-droit où l’État peine à imposer son autorité.C’est dans ce contexte que la récente sortie publique du chef du gouvernement au Cap-Haïtien suscite des interrogations. Accompagné de son délégué départemental dans le Nord, Marc Présumé, Alix Didier Fils-Aimé a choisi de concentrer son intervention sur la sécurité aérienne, en s’attaquant notamment à certaines compagnies aériennes, dont Sunrise Airways.

Cette prise de position intervient pourtant alors qu’un incident aérien impliquant Zed Airlines, dont un appareil a effectué un atterrissage forcé le 8 juillet 2026, continue de soulever des questions. À ce jour, aucune enquête publique n’a été annoncée par la Primature ni par l’Autorité Aéroportuaire Nationale (AAN) afin d’établir clairement les circonstances de cet événement, d’identifier d’éventuelles responsabilités et de garantir la transparence nécessaire dans un domaine aussi sensible que la sécurité aérienne.

Le silence observé autour de cet incident contraste avec la rapidité de la réaction du gouvernement lorsqu’il s’agit de viser publiquement d’autres acteurs du secteur aérien. Pour plusieurs observateurs, cette différence de traitement alimente des interrogations sur la cohérence de l’action gouvernementale et sur les critères qui déterminent les priorités du pouvoir.Des sources proches du dossier évoquent également de possibles liens entre le chef du gouvernement et Zed Airlines.

Ces affirmations, qui nécessiteraient d’être documentées et vérifiées de manière indépendante, renforcent toutefois les demandes de transparence formulées par certains acteurs de la société civile et du secteur aérien.Au-delà du dossier aérien, la question centrale demeure celle de la hiérarchisation des urgences nationales. Alors que des routes majeures restent sous le contrôle de groupes armés, que des citoyens sont empêchés de circuler librement et que certaines régions demeurent isolées, beaucoup s’interrogent sur la place accordée à la sécurité aérienne dans l’agenda du gouvernement.

Pour beaucoup de personnes, le contraste est frappant : un gouvernement qui peine à sécuriser les voies terrestres essentielles semble trouver le temps et l’énergie politique pour intervenir publiquement dans des conflits opposant des acteurs du transport aérien. Une situation qui nourrit le sentiment d’un État davantage préoccupé par certains dossiers spécifiques que par la crise sécuritaire globale qui frappe la population.

La promesse initiale était claire : rétablir la sécurité en Haïti. Mais face à la persistance de l’emprise des gangs sur des territoires entiers, chaque décision du gouvernement est désormais scrutée à travers cette question fondamentale : les priorités affichées correspondent-elles réellement aux urgences vécues par les citoyens ?

La Rédaction

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