Kenscoff : la nullité du DG de la PNH se résume à une nouvelle enquête
Le directeur général de la Police nationale d’Haïti, Vladimir Paraison, vient de demander à la DCPJ de diligenter une « enquête approfondie » sur l’attaque meurtrière perpétrée par les gangs à Kenscoff. Il faudrait, selon lui, établir la vérité, identifier les auteurs et rechercher d’éventuels complices.
On aurait presque envie d’applaudir cette grande découverte : en Haïti, après des années de massacres, d’enlèvements, d’incendies et de déplacements de population, les autorités viennent enfin de comprendre qu’il faut enquêter sur les gangs.
Mais enquêter sur quoi, exactement ? Sur l’existence des gangs ? Sur leurs armes ? Sur leurs zones de contrôle ? Sur leurs méthodes ? Sur leur capacité à terroriser la population depuis des années ? Tout cela, les autorités le savent déjà.
Le plus ironique est que le banditisme n’est pas apparu hier à Kenscoff. Il s’est installé, développé et renforcé sous les yeux de plusieurs gouvernements qui, les uns après les autres, ont promis de rétablir l’ordre sans jamais apporter de réponse durable.
Aujourd’hui, après le massacre, on demande une enquête.
Comme si le problème d’Haïti était de ne pas savoir qui sont les bandits, alors que le véritable problème est que l’État les laisse prospérer depuis trop longtemps.
À force d’enquêter après chaque massacre, les autorités risquent surtout de devenir les meilleurs archivistes du banditisme haïtien.
La Rédaction
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